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Sur le thème de la mémoire

Centre Culturel de Saint Raphaël

22 septembre - 27 octobre 2007

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En peinture, tout commence par un cri que l'on veut pousser hors du noeud serré de la gorge. Ce cri n'a que trois mouvements : la vie, l'amour et la mort. Et si la peinture ne crit pas, et bien qu'elle se taise!

La peinture, en liant les lieux, le temps et les êtres, les sublime en histoires.
La Communale de Saint-Raphaël est pour moi une histoire : un jour, la petite fille que j'étais, seule au milieu des autres petites filles dans la cour de récréation, et sans que personne n'y prête garde, est entrée en peinture.

Pour fabriquer des tableaux, il fallait avoir quelque chose à y mettre dedans et, il se trouvaient justement là des éléments qui s'offraient. Il y avait là quatre platanes, des cris d'enfants, il y avait le ciment de la cour dessiné de marelles, et des murs par dessus lesquels s'échappaient mes pensées clandestines, jusqu'au delà dans le ciel, où se profilaient déjà des signes qui marquaient à jamais mon coeur et constituaient en moi un alphabet pictural propore à mon futur travail. C'est de cet alphabet là que sans cesse encore je me sers, c'est à partir de lui que se compose ma peinture.

Mais la vie, très vite me détourna loin de mon école, pour m'emmener longuement marcher sur des chemins multiples, jusqu'au jour où, beaucoup plus tard, je revins sur mes pas..., mais mon école, avait disparu, - il n'en restait qu'un trou de terre et de gravats.

Le Centre Culturel, tout inconnu de moi, tout moderne et spacieux, allait la remplacer. Pour mon grand bonheur, Monsieur Georges Ginesta, le Maire de Saint-Raphaël, a satisfait mon impératif désir en m'invitant à y exposer mon travail, dont les racines sont sous nos pas. Je le remercie d'avoir compris et participé à mon appel à la mémoire.

Dans cette salle d'exposition, vous trouverez donc la trace d'objets disparus, qui furent la source de sentiments éternels et communs à nous tous, car nous avons tous la même quête : celle de l'amour.

Aujourd'hui je ne viens pas, mais je reviens à Saint-Raphaël, près de cinquante ans après que ce lieu si cher à ma mémoire, m'ait frappée d'émotions brutales, profondes et définitives qui m'ont désignée comme peintre. Je suis le peintre ému qui revient vers vous, pour vous louer d'avoir courru entre les platanes, d'avoir chanté dans la cour, d'y avoir pleuré, vous les petites filles qui étiez dans le carré communal avec les moineaux piaillant qui rient toujours en moi, vous, les premières investigatrices de mes bouleversements les plus secrets et les plus irrévoquables. Je reviens pour dérouler sous vos yeux, un chemin de peinture quasiment né sur le sol où nous sommes réunis. Je reviens solennelle et pleine de gaité, chercher dans vos regards ce que l'enfance a de plus magistral ; sa puissance créative et son éternité.

Je reviens aussi avec au fond de l'âme une absence douloureuse, celle de Bernard, mon frère, mon blond petit garçon de l'école Communale d'à côté, d'où nous venaient des billets d'amour pliés en dix et qui quelque part, ici, dans l'air que l'on respire ici, fottent encore et toujours comme un ange que d'invisibles ailes tiennent à jamais dans ma peinture, dans cette exposition que je vous remercie de venir partager et que, afin de souder le passé à l'avenir, je lui dédie, à lui, à toi, mon frère, et à mon petit fils Arthur, qui vient de fêter sa toute première année de vie.

Ô peinture, reflets multicolores de tant d'enfances et d'amours cabossés, ô peinture, qui réussit quand même, à conduire vers l'allégresse!

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Classe de Madame Cavaillon

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           1960                                                              classe du certif

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Article de Jean-Pierre COUSIN pour LA MARSEILLAISE

Saint-Raphaël : Miguèle Clémessy

Des oeuvres et un retour aux sources

Miguèle Clémessy vit et travaille à Hyères depuis de très nombreuses années. Autant dire qu'elle est hyèroise. Et pourtant... C'est à Saint-Raphaël qu'elle a passé les premières années de sa vie. Miguèle est peintre, viscéralement. Jusqu'au 27 octobre, elle expose ses oeuvres au Centre Culturel de Saint-Raphaël.

Exposer dans ce lieu n'est pas anodin pour elle.  En effet, le Centre Culturel a été bâti sur l'emplacement de l'école communale où elle allait enfant. Cette école où est née son âme d'artiste. Elle se souvient des traces, des traces de marelles, des poudres de craie... des différentes matières qui l'entouraient : ciment, béton, et puis bien sûr aussi des platanes. Mais sur ce sujet, le mieux est de lui laisser la parole : "Pour fabriquer des tableaux, il fallait avoir quelque chose à y mettre dedans et il se trouvaient là des éléments qui s'offraient. ll y avait là quatre platanes, des cris d'enfants, il y avait le ciment de la cour dessiné de marelles et des murs par dessus lesquels s'échappaient mes pensées clandestines, jusqu'au delà dans le ciel où se profilaient déjà des signes qui marquaient à jamais mon coeur et constituaient en moi un alphabet pictural propre à mon futur travail. C'est de cet alphabet là que sans cesse je me sers encore, c'est à partir de lui que se compose ma peinture".

Partant de là, on ne peut avoir qu'un regard nouveau sur l'oeuvre de Miguèle Clémessy. Les grands tableaux à l'acrylique  sur carton bois prennent une dimention nouvelle. Que dire  aussi des innombrables sculptures en béton, maisons ou tours, si ce n'est qu'elles deviennent évidentes et qu'elles ne se contentent plus d'être esthétiques. De son propre aveu, le travail de Miguèle s'articule entre trois grands axes; la vie, l'amour et la mort, intrinsèquement liés. Cette constatation ne peut qu'ammener à parler de sa série de Cénotaphes réalisés avec du fil de fer, des draps déchirés, des bandelettes, de la paille. De ce travail magnifique, tout en finesse, Miguèle dit: "Le Cénotaphe, qui traite de la mort, évoque en même temps dans mon travail, la figure du berceau. C'est le silence qui fait le lien entre la mort et la vie." A propos de ce sience elle ajoute: "Les tableaux comme les sculptures, comme les textes écrits, concentrent du silence, un silence qui a un poids, presque un volume et qui ne se perçoit que dans le silence lui-même."

Il y a quelque temps, Miguèle Clémessy découvre l'outil informatique. Ce nouveau moyen de création ne l'effraye pas et elle se plonge dedans avec un plaisir non dissimulé. Elle donne également à voir ce travail. Pour le présenter, il faut savoir que l'artiste ne se déplace jamais sans sa fidèle petite chienne Zazou, un animal fort intelligent parlant un langage châtié et poursuivant des études de langue de chat à l'université de vieux lavoir de Hyères. C'est elle que Miguèle met en scène, dans une foultitude de petits tableaux où elle pare son animal de compagnie de robes délirantes issues d'un travail photographique et de bidouillages informatiques dont elle seule a le secret... Humoristique et artiste à la fois... Réjouissant!

On l'aura compris, Miguèle Clémessy exelle dans toutes les dissiplines où elle s'implique. L'exposition du Centre Culturel ne s'adresse pas seulement aux raphaëlois. Pour peu que l'on ait la fibre artistique, il ne faut pas hésiter à faire le déplacement. La qualité des oeuvres exposées sur une très grande surface, les mettant particulièrement en valeur, mérite de faire un petit déplacement.

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