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MIGUÈLE CLÉMESSY, PEINTRE.

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6 mars 2016

o Voici la nouvelle adresse de mon site:

 

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Voici la nouvelle adresse de mon site:

http://www.migueleclemessy.com

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13 novembre 2011

Voici la meilleure façon de naviguer dans ce blog

 

 

Je vous invite tout d'abord à choisir dans la liste des CATHEGORIES (colonne de gauche), celle qui vous intéresse,... Cliquez sur son titre, visitez son contenu... puis, à la fin, cliquez sur Accueil,... et, j'espère que vous aurez envie de poursuivre votre visite.

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- Illustrations, M. Clémessy     - & -     -Papiers peints & tissus, M. Clémessy

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13 novembre 2011

MAISONS CLOSES

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 La toile et le fer 

 

 Travail numérique

 

"... Et les complots des noirs filous." (Baudelaire)

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19 octobre 2010

LES ELEMENTS SOURCE

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LES ÉLÉMENTS SOURCE

Objets trouvés

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galet de granit noir (25 cm X 12)

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petit tamis 15 cm X15                                                                         écheveau de ficelle

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couverts sortis des ruines, des tiroirs vermoulus

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petites pièces en fer

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Fer à sabot d'âne

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élément en fer de porte de grange

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15 octobre 2010

Petits textes et autres pensées

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Je peins toujours au ras des choses

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Je peins toujours au ras des choses les plus ordinaires, je m'empare du côté purement banal du quotidien, je le mets dans la moulinette de ma sublimation et le rends supportable.

La peinture n'est pas faite pour distraire.

La peinture n'est pas faite pour décorer.

La peinture est faite pour rendre le sensuel visible.

La peinture est faite pour questionner.

Ne vous attendez pas à ressentir quoi que ce soit devant une toile, sans mettre dans votre regard, de la ferveur, du recueillement.

Si la peinture contient les parfums les plus subtils, il ne faut pas oublier qu'elle trempe aussi dans l'eau de la lessive ; quand le peintre peint, quand le poète écrit, quand le musicien compose, ils sont nobles et gueux à la fois.

L'artiste contient les larmes et les rires à parts égales.

L'artiste marche sur le fil, il n'est autre qu'un funambule, dans le danger inéluctable et permanent de tomber à droite, ou bien à gauche, mais devant vous il se tient debout, toujours debout et, pour  vous, il danse.

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Peinture, témoin de la métamorphose

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La peinture se préoccupe de la métamorphose. La métamorphose des choses à l'intérieur d'elles-mêmes, des choses à l'intérieur du monde, des saisons à l'intérieur de l'année, des années à l'intérieur du siècle... C'est ainsi que l'artiste parle toujours de la même histoire, du début jusqu'à la fin de son oeuvre constituée de strates, donnant la trace des grandes métamorphoses générales, sans cesse recommencées, de la vie qui coure. Des corbeaux volent dans le ciel de Van Gogh et, peu à peu, la forme diffère, on ne trouve plus d'oiseaux dans l'espace de Rothko, mais les deux hommes, dont le coeur bât à l'identique, séparés par un siècle, disent néanmoins toujours en encore la même chose.

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Au bord de la peinture

La poésie en temps que coup d'envoi

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- I -

A l'intérieur de soi on est enchaîné à des bouleversements qui entraînent à infiniment raconter la toujours même nominale histoire.
Hors de
soi on est délié d'un tout perdu où crie la terreur cherchant à retrouver la toujours même nominale histoire,- à raconter.
Alors, venir et se tenir simplement ni en dedans ni en dehors de soi-même, à la lisière donc, et seulement celle qui permet le va et vient de la réversibilité.
Au bord de soi-même, on ne raconte plus, on dit.
La poésie est telle, ne tient pas debout, n'a ni jambes, ni cerveau, n'est pas dans le monde, à l'extérieur non plus, on la respire aux bords des deux.
La poésie n'est pas dans la littérature, dans la musique, dans la peinture - la poésie, de par son hors place, est le coup d'envoi.

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- II -

Peindre? Écrire? C'est facile, s'il s'agit de mettre noir sur blanc. Il suffit alors de capter un événement à raconter, et la vie, comme l'imaginaire, en proposent à l'infini.
Mais! S'il s'agit de "conduire" la peinture ou l'écriture, c'est autre chose, c'est un autre lieu, un autre ordre - il y est question de se laisser couler en la matière elle-même du marteau, afin que longtemps après avoir frappé la cloche, la résonance demeure.
Ici, la poésie ne se pose pas plus qu'ailleurs, elle engage sa bénédiction à la proue du son, au point précis de la rencontre du marteau avec la cloche.
La poésie est le coup d'envol.

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- III -

Le poète porte le nom de la baisure*, littéralement : celui qui unit, qui bénit, qui gonfle le drapeau, celui qui met en route, qui tient debout, assis, couché, qui désigne l'amour, l'affirme, le prouve et puis le certifie, le signe et persiste et puis le garde au feu.
Le poète est l'enfant de la poésie, le coup d'envoi et la raison de l'envol, littéralement: le va qui vient et vice versa.

*baisure: endroit où un pain en a touché un autre dans le four.

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CE SILENCE LA

(fait partie de la série des textes peints)

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Ici, tous les animaux vivaient avec les hommes, avant ce silence là, dans cette ferme construite pierre après pierre. Aujourd'hui ne viennent plus que des animaux inapprivoisés et le foin du grenier ne sert plus qu'aux loirs.

Dans cette maison il y a la solitude du corps quand le corps ne sait plus où est son âme, avec les doigts tachés de fruits sauvages, des doigts qui font des signes à un bonheur tout piqueté. Comment être le hibou, le rat qui gratte, comment être l'arbre? Les doigts tachés de fruits sauvages font des signes au bonheur qui passe pour qu'ensemble ils signent des croix ; les croix, des X, cousent au point de croix l'âme au corps - et l'âme et le corps se battent enlacés.

Autour de cette maison, la forêt et ses oiseaux qui nidifient partout, les oiseaux qui vivent et puis disparaissent dans les premiers gels, les ours, les loups, les ogres, les anciens hommes déchirés recouverts de terre froide, et les femmes griffées sans cheveux blonds ni vermeil, lovées aux hommes pris dans les racines. Humus sombre, humus où par dessus repoussent les fleurs bleues jaunes et rousses, quand au matin le soleil revient. Au dessus de la maison mon aigle vole, le Magnifique, et chante. Il voit tout de son oeil d'aigle, tout, la terre, les buttes, les monts, il voit briller l'eau dont j'entends le bruit, il voit la bruyère à l'endroit où les souches sortent de terre, le Magnifique m'emporte et me confirme qu'entre la mousse des pierres et le bleu du haut ciel, je suis retenue par la force tenace de la solitude qui me fait danser. Je danse dans les arbres, dans les fleurs, dans le granit, je me lance dans cette joie qui m'embellit, et puis je pleure. Je pleure et je danse. Magnifique dans le ciel fait une courbe, je la grave en moi pendant qu'en dessous, la roche répond de son arrondi.

Je peins dans les fleurs, dans les arbres, dans le granit, je peins dans les pierres vivantes des maisons soulevées par les racines - chaque ruine me rend orpheline et je recèle des fumées et des sonorités antiques qui percent des trous. Cri! Et tout à coup plus rien.

Je cours à la maison, pour le feu, pour l'âtre, mais collés aux murs, le cri et le silence qui lui répond me fixent. C'est ça que je peins, ce cri que j'apprivoise, ce cri faufilé partout qui fait le tour du monde. Ô doux fil conducteur qui relie tout à tout : la peinture! De la montée du jour à sa descente, doux fil qui lave et souille tour à tour, et conduit jusqu'à ma porte les animaux de la forêt, pendant que je dors, que je travaille, que je mange, pendant que je m'efforce de donner  matière à la grâce du monde, ô tendresse de la peinture religieuse, sacerdotale, qui sanctifie ce tout à tout!

Je me courbe de respect devant le rouge de cadmium, le rouge écarlate, le rouge magenta, le vert Véronèse, le bleu de cobalt, le bleu d'orient, devant le vert intenso aussi, ou le jaune azo, le foncé comme le clair, et celui de Naples, ainsi que devant le bleu de Prusse, la terre de Pouzzoles et celle d'ombre brûlée. Je m'incline devant les oranges, les pourpres et les ocres, et puis devant les outremers, tous les blancs, tous les noirs et aussi les mélanges qu'entre eux ils font. Je suis en émoi devant les signes, gestes des choses, des choses choses et des choses humaines.

Parfois, quand le chat huant hurle trop près du toit, que j'ai froid, que j'ai peur, quand il y a trop de nuit, j'ai envie de rentrer dans la ville, dans la lumière, dans les maisons chaudes et pleines qui s'appuient doucement les unes contre les autres, mais je reste dans la forêt, dans la blessure qu'elle me fait, je suis l'artiste à la tâche et ne peux me séparer de l'ange qui me guide.

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30 septembre 2010

Curiculum vitae & petits repères

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BIOGRAPHIE

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Née à Niamey (Niger) en juillet 1949.
Enfance et adolescence à Saint-Raphaël.


Études à l'École Nationale des Arts Décoratifs de Nice. (Villa Arson)

Diplôme national des Beaux-arts section GRAVURE en 1973
Diplôme national des Beaux-arts section PEINTURE en 1975                                                                  

1980-81 - Séjour en Inde où j'adopte ma fille Jane-Anjalaï.

1990 - Publication d'un livre "Anjalaï" aux Éditions de Bartillat.

Vit et travaille à Hyères, dans le Var.

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EXPOSITIONS PERSONNELLES

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1976 - Galerie Delahaut à Ste.Maxime
1976 - Agence Var Matin à St.Tropez
1977 - Galerie des Dauphins à Ste.Maxime
1979 - Galerie Delahaut à Ste.Maxime
1980 - Galerie des Dauphins à Ste.Maxime
1980 - Mairie du Revest - Toulon
1987 - Salle d'Honneur du Park Hôtel à Hyères
1987 - Galerie Art et Psyché au Castelet
1988 - Chapelle des hommes à Goult
1990 - Aux Arcenaux chez Jeanne Laffitte à Marseille
1991 - Galerie Henry de Menthon à Paris
1991 - Salle d'Honneur du Park Hôtel à Hyères
1991 - Galerie Addenda à Lyon
1992 - Relais Bleu à St.Raphaël
1993 - Espace Interrogation à Toulon
1993 - Chapelle St.Pierre du Parage aux Arcs
1995 - Espace Power à Bormes les Mimosas
1997 - Casino des Palmiers à Hyères
2005 - Tour des Templiers à Hyères
2006 - La Cité Radieuse à Marseille
2007 - La Médiathèque de Saint-Raphaël

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Amis, famille, Zazou et moi à la Cité Radieuse.

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oEXPOSITIONS DE GROUPE

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1977 - Galerie Jean André rue de Seine à Paris
1978 - Rotonde du Park Hôtel à Hyères
1986 - Sur le Garlaban (bateau), Quai d'Honneur à St.Tropez
1987 - Les Vendemiaires à St.Mathieu-de-Tréviers
1990 - Galerie de Menthon rue du Perche à Paris
1991 - Salle d'Honneur du Park Hôtel à Hyères
1992 - Galerie de Menthon rue du Perches à Paris
1992 - Salle d'Honneur du Park Hôtel à Hyères
1992 - Eté contemporain à Draguignan
1994 - Tour de l'Horloge à Draguignan
1998 - Centre Culturel à Cuers
2001 - Galerie Athanor à Marseille

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LES SALONS

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1984 - Salon du Dessin et de la Peinture à l'eau, Grand-Palais. Paris.
1987 - Salon d'Art Contemporain. La Garde.
1987 - Salon d'Art Contemporain Les Floralies internationales. Ollioules.
1988 - Salon des Jeunes Créateurs et Stylistes. Hyères.
1991 - Salon Grands et Jeunes d'aujourd'hui, Grand-Palais. Paris.

 

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Les éléments source - mon alphabet pictural

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Tous les éléments compris dans la seule cour de mon école communale, se sont inscrits, au moment où j'apprenais à lire et à écrire, dans la future peinture de l'enfant que j'étais. J'ai mis longtemps à réaliser que les lettres n'étaient pas seulement des petits dessins, mais qu'elle servaient avant tout  à lire.
La peinture et la littérature ont ce point commun : elles se lisent.

Bien sûr, aux éléments rapportés de cette cour d'école, en mémoire à jamais,  s'en sont ajoutés bien d'autres, notamment ceux retenus de l'Afrique où je suis née, (maisons carrées en terre, aux murs à peine perforés de trous censurant  la lumière), qui ont contribué à l'élaboration de mon alphabet pictural :

Les franges (je n'utilise la toile que déchirée, jamais de coupe franche aux ciseaux) - déchirure, bandes, yeux bandés, bander... "Ange casqué jusqu'à mi-nez" - (oeuf) - "Crânes fendus".

Le fil rouge - toutes sortes de griffures -  le rapiéçage - la couture - etc... "Fagots" : bandelettes,  momies, balais, draps, mouchoirs...

Le damier : sols, terre battue,  marelles, seuils, jeux, carrés distincts, réceptacle des pas perdus.

La croix : barrer, croix de fer, faire une croix dessus, coudre au point de croix, et surtout, éviter de les porter toutes...

La couleur à joue, poudre de craie, le rouge du feu ( jouer avec)... Le jaune, pan! Le vert des prés, au delà de la cour... Ô!... Dans le ciel passaient les nuages...

Le ciment le béton le sable les feuilles de platanes dans la poudre... et partout dans l'air, tout ce qui passe des poumons à la peau, l'odeur de la purée saucisses collée aux vitres embuées de la cantine et tutti quanti.

 

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15 septembre 2010

Ni, Pas, Rien et La Communale

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NI, PAS, RIEN. (Livre objet)

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(tome I)

Petit livre de 20 cm X 20, composé d'extraits de textes fragmentés en vingt planches numérotées, écrites dans l'atelier même.

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couverture extérieure dessus

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Les vingt pages intérieures

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Intérieur couverture droite et gauche

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Ni trou, pas même fente, fissure.
Rien.
Rien par où gratter, passer l'ongle, sortir.

Seulement du noir opaque, dense, une eau lourde.

Et le silence compact dans la tête fermée, fait de sons mats, sans cesse répétés.

Il est là, hagard, aliéné, priant Dieu pour craqueler.

Puis, droit devant sur l'arrête du mur il lance un regard qui suit l'arrête jusqu'à sa fin.
Et revient au point de départ, et repart et revient.
Puis déraille.

Le bord de la falaise est trop piqué de garde-fous.

Il entre en collision avec une quelconque chose qui cesse sous le choc d'être quelconque.

Mais l'artiste est funambulesque.

Le funambule risque à tous moments de tomber, soit à droite, soit à gauche.

La peinture sonne comme une moquerie de la douleur. La musique aussi, et la littérature, et l'amour fou...

Toutes les cigales appuient sur ses tempes.

Feu! C'est fini Vincent.

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La Communale. (livre objet)

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(Tome II)

Petit texte en trois parties fragmentées en vingt quatre planches numérotées;  inspiré par l'école communale des filles de St. Raphaël.

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Texte écrit en 1979, livre réalisé en octobre 2005.

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Couverture extérieur droite et gauche

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couverture extérieure dessus

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Les vingt pages intérieures

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Couverture intérieure droite

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Couverture intérieure gauche

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Couverture intérieure droite et gauche

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Fêlure au petit jour sous la cape.
Tout à l'heure le grand jour, peut-être un trou pour sortir.

Ni réponse ni porte, on frappe aux tympans des murs blancs.

Et gratte, puis repeint les murs, rebouche et même change les draps.
Puis les déchire.

Noeuds, liens cousus, encodés.

Sol de la maison vidée du rêve, décor coulé dans l'opposition.

Point de route allant, mais pas lents, quadrillés, mis en lignes.

On frappe aux tympans des murs blancs, pas de porte.
Ni réponse.

Dans le lit de la maison noire, les chats se vautrent, bavent et têtent une odeur.

Par la fente rouge s'échappent la force et le rire des anges.

Le matin sera un mouchoir collé au plafond blanc.

Dehors, les quatre vieux murs portent des couleurs futures, craie des chiffons battus.

Est-ce mon amour qui cachait sa torpeur dans les toilettes de la Communale?

Un raillement déborde de la ville, ton nom passait dans les nuages noirs et blancs, à la vitesse du vent.

Peut-être, être peu, pour rien, contreint d'avoir à déglutir le noeud serré de la gorge.

Vierge de rien, l'âme couverte de papilles gustatives, l'ombre enferma sa voix dans un carré que la lumière multiplie.

Elles jouent à la marelle.

Ton nom passait dans les nuages noirs et blancs, à la vitesse du vent.

Mon crâne s'est fendu et les linges qui l'enserrent font le silence sous le masque.

Sans mot ni soupir, on frappe aux tympans des sourds.

Sans pleurs, le vent est retenu.

Enfermée, la nuit noire, carrée, griffée de rouge, se plaque au plafond.

L'air déchire le lit, le linge blanc respire le propre et le sale, et les chats reniflent aux quatre coins.

Le sort se cache sous le damier de l'entrée.

La marelle mène de la terre au ciel.
Sans preuve.

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9 septembre 2010

Journal de peinture (extrait)

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16 novembre

Aujourd'hui, je reste des mois entiers seule en Lozère. Il me faut patienter quelques semaines difficiles avant de devenir sauvage et, c'est alors seulement que l'art, ce jumeau de la solitude, se présente à moi. Tout à coup il est là, partout où se pose mon regard, où se font mes gestes - je l'épouse alors et unie à lui, nous faisons tout ensemble, dans la maison, dehors, de la pensée religieuse à la pensée ménagère. Il n'accepte jamais aucune alliance contre rien, il exige une dote qui détourne de moi tout ce qui n'est pas lui. La contre partie, c'est qu'il me laisse croire que je vais tenir debout, pouvoir marcher, sans pour autant mettre les pieds n'importe où ; il me conduit vers les troquets de nuit, dans les outrages, les ruines, dans le centre des forêts où la panique me guette, il m'éprouve, il est impitoyable, puis, subitement, il me récompense d'une joie unique, proche de l'extase, transformant tout à coup le parcours de tout lieu à l'atelier, en chemin directe et doré où les pas ne buttent plus nulle part. La pulsion créative ne lui suffit jamais : la pulsion, sans rigoureux apprivoisement, qui va jusqu'au domptage, s'enfuit aussi vite qu'elle a jailli. Impossible de faire oeuvre de mes pulsions sans me battre : il me faut aller à leurs convocations armée jusqu'aux dents afin de les défendre de tous les assaillants : la furtive mode, ou les plaisirs qui volent au dessus des demeures sans soubassements.

Je dois peindre tous les jours, ma vie se situe là et, quand tout se dérègle, au lieu d'un soulagement, je pense à mon travail jour et nuit souffrant jusqu'à le retrouver. Je ne m'en éloigne que rarement, jamais longtemps, je suis fidèle même si parfois ce travail m'empoisonne l'existence en devenant laborieux, pendant que l'émotion, en cessant d'être à fleur de peau, fait place à un vide qui grandit jusqu'à m'incarcérer dans l'inquiétude elle-même. Je circule alors, mange et couche à l'intérieur de cette inquiétude, et finis par croire que j'en mourrais. Mais la peinture toujours me revient, me sauve et c'est à nouveau la victoire.

Maintenant, j'arrive aux Pierres Jaunes, je touche le ciel, l'air est dur et vif et transparent et je marque une pose, une croix sur la terre avec un bâton, puis je ferai demi tour. C'est grandiose. Je vois le Mont Genêt des Jours, toutes les montagnes et les forêts, avec au ciel des percées bleues dans les nuages blancs de neige.

Autrefois, voilée d'un silence mortel, je m'agenouillais dans les bars comme au fond des églises et mon corps adolescent s'engourdissait dans la prière des voix qui ne disent rien d'autre qu'une peur commune à tous les hommes, une peur d'amour à l'unisson, et j'appelais ma mère comme le fou de Gogol: "Maman, sauve ton malheureux fils! Verse une larme sur sa petite tête malade, regarde comme ils le tourmentent! Serre-le contre ton sein, ton pauvre petit orphelin! Il n'y a pas de place pour lui en ce monde! On le chasse! - Maman! Aie pitié de ton petit enfant malade!..."

Tous les jours je marche, traverse les forêts, les cours d'eau et me parle dans ma tête, ou à haute voix, je m'entretiens avec moi-même et tout ce que je prononce serait perdu, si mon art qui me suit pas à pas, ne s'en accaparait pas. Je ne sais si c'est ma peinture qui nourrit cette parole ou si c'est cette parole qui nourrit ma peinture, il y a un balancement entre elles. La peinture habite tout mon esprit en même temps que tout mon être physique: mis hors du monde, ce corps et cet esprit vont ensemble dans cette forêt, et tous trois sont indissociables - je suis une branche qui pense, je suis une pierre, je suis le ciel et ils sont moi. La solitude du corps a les mêmes gestes que ceux de l'esprit, que ceux de la pluie.

Mise hors du monde je l'étais également dans les bars de nuit où il y avait du monde, où la lumière jaillissait, sordide et tenace, excluant tout ce qui n'était pas pris dans son halo. J'étais gobée par ce halo, isolée dans cette nuit, cherchant à en extirper la dangereuse poésie. J'avais quinze ans et j'allais apprendre que la peinture n'était plus un jeu.

Bars, idem forêts, même expérience: corps posé là, veillé par l'esprit, placés tous deux dans l'oubli des autres, jusqu'à la réclusion, jusqu'à ce que la solitude les enlace. N'adresser la parole à personne. Si j'adresse la parole à l'autre, j'entre en lui, lui en moi, la distraction alors commence et il ne s'agit déjà plus de peinture.

Aujourd'hui je me dissous dans la forêt avec la même quête et la même pensée sordide frappées en moi, celle des bars contaminés par la misère humaine, et je traverse la limpidité des choses touchées par l'azur, avec ce lointain sentiment qui se mêle à la forêt fraîche. Je sens exister en moi un lien entre les bars de nuit où rôde le drame, et cette chasteté de la nature: l'art. L'art, point commun, trait d'union de tout à tout. L'art, comme la mort, égalise. L'art, quand il s'installe, s'acharne, rigoureux, adhère à tout, s'enroule, se ventouse au fond des nuits, fait la loi des cafés, de la turbulence jusqu'au silence, fait pareillement la loi des forêts de l'aube à l'obscurité. L'art prend, ramasse, engrange vigoureusement tout ce qui est pris au piège des passions, et déverse le contenu de ses récoltes dans les caves profondes des artistes. Il empoigne leur âme tout en occupant leur corps et s'y vautre, et s'y love, et s'y allonge tel un gras liquide coulant dans les failles pour les colmater de lui-même. Il plonge l'âme toute entière avec le corps lié à elle dans un abîme où ils s'épuisent ensemble jusqu'à la ruine. Il faut tout lui céder, amants, amis, famille ; seul, l'enfant garde avec lui son égalité.

L'art est venu me chercher un jour, bien avant les bars et je l'ai reconnu, je m'en souviens c'était en Afrique, j'avais neuf ans : il me berçait le soir pour mieux me brutaliser au matin. Très vite, il s'est mis à briller jusqu'à effacer Dieu, guettant mes chutes pour me remettre debout dans une parenthèse de bonheur sans mesure - puis, il me reprenait tout. L'art, pour être plus brillant que Dieu lui-même, savait déguiser le drame en allégresse. Dieu est donc mort au "Terminus", une nuit de mes quinze ans, dans ce bar où les autres, venus là pour abolir leur solitude, ne me servaient qu'à renforcer la mienne, celle que je me construisais - je ne leur ressemblais jamais, ils étaient vieux et lointains pendant que je voyageais dans la noblesse de cette solitude encore immatérielle qui s'installait en moi pour toujours. Je me suis mis à l'oeuvre pour l'héberger correctement, je lui ai donné matière et couleur, elle a pris de l'ampleur, elle est devenue irréparable, insolente et définitive. Je tentais alors de lui tordre le cou, je l'essorais comme un drap et il en sortait des notes, minuscules blessures qui mordaient pourtant, virgules entre des mots qui n'existaient pas encore et des touches étouffées de couleurs enflaient mon coeur.

Je marche, je passe devant la cascade, l'eau fait son bruit, je rentre, je presse le pas, maintenant le soir commence, j'appréhende l'ombre qui va tomber, il me faut être à la maison avant la nuit, impérativement.

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17 novembre

Le funambule risque à tous moments de tomber, soit à droite, soit à gauche, il est conscient de ce danger permanent et concentre toute l'énergie de sa vie à tenter de rester sur le fil. Et, d'y danser. L'artiste avance sur le fil rouge entre joies et chagrins qui sont tous deux, pour lui, sans fond - il ne peut y échapper, son épiderme est réversible et peut se retourner au moindre souffle.

La pluie vient de cesser, la piste est mouillée, le ciel se dégage très vite... il y a déjà un grand soleil et je devine les montagnes. Prise d'ivresse, je suis l'aigle ; il me suffirait néanmoins d'un nuage pour que je tombe en pleurs, je contiens le bonheur et son contraire, à parts égales. J'en ai assez de peindre, assez! assez! Je ne veux que marcher dans le rêve facile des crêtes - mais si je hâte le pas, c'est bien que j'ai hâte de peindre?!

Dans la forêt personne ne me voit, et je souris aux oiseaux, aux vieilles branches, bonjour tronc, bonjour verte mousse - j'ai belle figure ici où les larmes sont des ruisselets tantôt de tristesse, tantôt de colère, et je pleure comme on rit, ici, dans la nature où je suis infiniment seule, seule à droite, seule à gauche, ici où l'ostensible du corps n'a que la nature pour référence: je ne suis pas décoiffée mais griffonnée sur la tête comme les arbres qui gardent sur leurs faîtes toute une densité de fines branches noires emmêlées par le vent. Comment le corps pourrait-il être perçu ici de la même manière qu'en présence du monde? Ici, il est plongé dans un grand univers, seul, tout petit parmi les forêts, les montagnes et le ciel entier, tout petit comme un point dans cet immense espace et obligé d'être fort, plus qu'ailleurs, pour faire le poids. Ici, j'habite mon corps avec une singulière application, le silence en souligne les gestes, les sons, je l'entretiens comme on huile un outil - c'est mon corps ramené d'ici qui va peindre tout à l'heure dans la tendresse de l'atelier, mon esprit l'inclinera vers la peinture et il sera peintre. La peinture est humaine, l'homme artiste n'est qu'un traducteur constitué de chair et d'âme, il panse les blessures universelles, les soumet à l'épreuve sophistiquée de la sublimation, puis les renvoie sous forme d'objets, tableaux, livres, musiques... tout comme le terre constituée de pierres, d'arbres ou d'eau... nous donne du papier, des maisons, des villes...

Ici, tous les jours se ressemblent, comme se ressemblent tous les tableaux d'une même série : faire toujours apparemment le même tableau permet de jouer sur l'infime variation, comme les jours ici, dans cette nature : chaque jour est semblable au précédent, mais il y a chaque jour une infime variation qui participe à changer l'univers. A présent, je suis entre l'automne et l'hiver, j'attends l'hiver, il se prépare, petit à petit, il se fait, je ne le vois pas distinctement, mais un matin la forêt sera blanche. La nature se prépare secrètement à recevoir sa neige et m'inclue dans sa métamorphose. Quand je parviens au dépouillement de civilités, cette nature partage avec moi son secret divin et dans ce cas précis, unique et universel, le témoin, le seul, est ma peinture. Il me coûte, pour accéder au privilège de cette communion, de vivre longtemps loin de mes semblables.

Zazou court et aboie vers un écureuil, je croise une fleur de digitale, étonnante trace inespérée - souvenir d'un été mort.

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20 novembre

Partant du principe de connexion entre la nature et moi, je me demande si la broussaille m'inspire ou si j'inspire la broussaille? Cependant, le signifiant des formes et des couleurs que je pose sur la toile, se révèle à ma conscience au moment où je rencontre dans la nature les objets de l'inspiration : les masses rocheuses, les genêts qui les surplombent, les épines, les eaux... Je ne crois pas aspirer à une chose avant de la rencontrer, du reste, comment pourrait-on matérialiser, même en pensée, de l'inconnu? Quel corps lui donner? Je ne crée rien, le sais, parfois l'oublie - tout est déjà dans l'homme et la nature, je traduis, c'est strictement tout.

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28 novembre

Devant moi le brillant de la piste incise une masse sombre qui finit dans l'oubli, le prochain virage n'existe plus, c'est la fin du dernier chemin d'un monde basculant dans l'abîme, on peut tout imaginer en ce qui concerne l'autre côté du ciel tombé dans le brouillard. J'entends de partout couler des ruisseaux, les rivières pleines et les torrents disparus, mon univers invisible m'attend, tout vivant sous le vélin froid de coton gris mauve, et voici plusieurs mois que je vis ici et traverse chaque jour cette forêt où, à présent, les éléments consignés dans ma peinture m'apparaissent comme une évidence simple : voici dans le sureau que je croise, mes pointes vermillons, ici dans la roche les griffures, les cobalts soustraits de l'eau, chaque signe,  chaque couleur, chaque forme, les fibres, les vapeurs de la terre, tout est là, si près de moi, et mes échelles, mes tours, tous les thèmes peints ici leur sont similaires, des fagots de racines blanches aux buissons ligotés de ruban déchirés dans un drap, tous les thèmes, jusqu'aux platanes roses, vivent dans le va et vient de l'air sauvage que mes poumons respirent.

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30 novembre

Je suis ici depuis les framboises, les herbes hautes aux pieds des montagnes, les nuits chaudes et j'atteins l'hiver comme on atteint un lieu : j'entre dans le lieu de l'hiver - partie du doux pour arriver à l'âpreté du vent froid des journées courtes. Ce que je peins aujourd'hui est l'aboutissement du lent déroulement des saisons, dont je ne peux faire l'économie, le temps ne respectant jamais ce qui se fait sans lui : je peins le résultat des jours joyeux, des jours de silence, des jours où la solitude était une joie et de ceux où elle était un enfer.

Aujourd'hui au dessus de la piste le ciel est splendide, tâché "de rose et de bleu mystique" tout près de moi et, plus loin, où les aigles tournoient, des nuages anthracites de neige encore suspendue couvrent le Mont Genêt des Jours jusqu'aux champs qui l'entourent.

Je cueille des racines, est-ce que je les vole à la terre? Est-ce que la terre me les offre? J'en ferai une nouvelle série de fagots ficelés qui grossira mon travail. Je me demande, devant cette beauté sans preuve des choses que la nature a posé dans l'ordre le plus juste qui soit, de quel droit j'interviens? Est-ce le droit de tout humain?

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1° décembre

Sur la piste toujours, cette fois le ciel est entièrement gris et les forêts vertes et noires. Au loin les montagnes sont enneigées. Bruegel! Il fait froid. Depuis que j'ai commencé le ligotage des fagots, je prends encore davantage conscience des éléments qui m'ont inspirée dans cet espace. Ma conscience ne me délivre que très lentement ce qu'elle enregistre au service de ma peinture. Je fais, aujourd'hui en marchant, comme un bilan de mes travaux de montagne : d'abord, il y a eu l'exaltation des vermillons rouges et oranges, des quatorze juillet en forêt, - à Paris j'avais vu l'expo Delaunay, et collais ses rouges dans mes arbres - l'année d'après, il y eut les maisons en béton armé, massues comme des fermes lozériennes - ensuite les colonnes de béton, hautes, lisses et striées comme le tronc des fayards, - puis les sculptures en cornes noires, - ensuite, les platanes roses qui sont devenus des buissons/cornes, - et, enfin, les fagots, tout le travail fait ici.

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2 décembre

Les pentes de sucre glacé sur le flanc des monts étincellent d'une blancheur dure. J'arrive aux Écluses. je suis dans la dernière semaine de ce séjour qui a commencé cet été, je suis obligée de rentrer bientôt à Hyères et ma longue solitude va s'interrompre. Sentant déjà la limite du temps qui me reste, j'ai accepté pour demain soir une invitation de Jean-Noël au restaurant du prochain village, et je verrai du monde! Ce simple dîner prend pour moi l'allure d'un événement qui m'éloigne déjà un peu de mes conditions de travail. Bientôt je rentrerai à Hyères avec mes deux animaux et tout sera fini de cette série de jours, de trois saisons, de marches dans la forêt, de gestes simples répétés, toujours répétés au rythme de la peinture, des matins, des soirs, des nuits, du manger, du dormir, proches, serrés, si proches baignés dans la peinture et la peinture en eux.

La nostalgie me prend.
Mes amis m'auront-ils oubliée?

Il ne peut y avoir de peinture sans le peintre : très peu de gens le comprennent. Georges Rougy-Minang me parlait un jour des peintres schizophrènes qu'on enferme au fond des asiles pendant qu'on expose leurs oeuvres dans les musées. Les amis qui m'abandonnent ne m'abandonnent jamais parce que je fais de la peinture, au contraire, ils aiment ma peinture : ils m'abandonnent parce que je suis peintre. Un peintre ne peut être convié à tous les festins car il est incapable de se limiter à la convenance des émotions, - il les porte toutes en lui, en même temps, en vrac, il se déplace avec une lourde besace et ce n'est pas supportable pour tout le monde.
Comment fait-on, quand on n'est pas peintre, pour savoir de quels ingrédients est faite une peinture?

J'ai peur de perdre Charles, j'ai peur qu'il me dise "vas-y, guéris, fais un effort, va voir un psy!"
Je suis au bord de la guérison, au bord de la maladie aussi, depuis toujours je suis sur le fil, je vais tomber à gauche, ou bien à droite, mais en attendant je tiens à ma manière, j'avance en peignant.
Les psychanalystes, dépourvus devant la plainte de l'artiste, le renvoient toujours à sa fatalité. Depuis quelques temps, chaque fois que je pense à Charles, j'ai envie de pleurer.

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8 septembre 2010

C'est L'automne

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Automne malade et adoré

tu mourras quand le vent soufflera dans les roseraies

quand il aura neigé dans les vergers

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Appolinaire

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28 mars 2007

Une exposition à SAINT-RAPHAËL... (2007 )

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Sur le thème de la mémoire

Centre Culturel de Saint Raphaël

22 septembre - 27 octobre 2007

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En peinture, tout commence par un cri que l'on veut pousser hors du noeud serré de la gorge. Ce cri n'a que trois mouvements : la vie, l'amour et la mort. Et si la peinture ne crit pas, et bien qu'elle se taise!

La peinture, en liant les lieux, le temps et les êtres, les sublime en histoires.
La Communale de Saint-Raphaël est pour moi une histoire : un jour, la petite fille que j'étais, seule au milieu des autres petites filles dans la cour de récréation, et sans que personne n'y prête garde, est entrée en peinture.

Pour fabriquer des tableaux, il fallait avoir quelque chose à y mettre dedans et, il se trouvaient justement là des éléments qui s'offraient. Il y avait là quatre platanes, des cris d'enfants, il y avait le ciment de la cour dessiné de marelles, et des murs par dessus lesquels s'échappaient mes pensées clandestines, jusqu'au delà dans le ciel, où se profilaient déjà des signes qui marquaient à jamais mon coeur et constituaient en moi un alphabet pictural propore à mon futur travail. C'est de cet alphabet là que sans cesse encore je me sers, c'est à partir de lui que se compose ma peinture.

Mais la vie, très vite me détourna loin de mon école, pour m'emmener longuement marcher sur des chemins multiples, jusqu'au jour où, beaucoup plus tard, je revins sur mes pas..., mais mon école, avait disparu, - il n'en restait qu'un trou de terre et de gravats.

Le Centre Culturel, tout inconnu de moi, tout moderne et spacieux, allait la remplacer. Pour mon grand bonheur, Monsieur Georges Ginesta, le Maire de Saint-Raphaël, a satisfait mon impératif désir en m'invitant à y exposer mon travail, dont les racines sont sous nos pas. Je le remercie d'avoir compris et participé à mon appel à la mémoire.

Dans cette salle d'exposition, vous trouverez donc la trace d'objets disparus, qui furent la source de sentiments éternels et communs à nous tous, car nous avons tous la même quête : celle de l'amour.

Aujourd'hui je ne viens pas, mais je reviens à Saint-Raphaël, près de cinquante ans après que ce lieu si cher à ma mémoire, m'ait frappée d'émotions brutales, profondes et définitives qui m'ont désignée comme peintre. Je suis le peintre ému qui revient vers vous, pour vous louer d'avoir courru entre les platanes, d'avoir chanté dans la cour, d'y avoir pleuré, vous les petites filles qui étiez dans le carré communal avec les moineaux piaillant qui rient toujours en moi, vous, les premières investigatrices de mes bouleversements les plus secrets et les plus irrévoquables. Je reviens pour dérouler sous vos yeux, un chemin de peinture quasiment né sur le sol où nous sommes réunis. Je reviens solennelle et pleine de gaité, chercher dans vos regards ce que l'enfance a de plus magistral ; sa puissance créative et son éternité.

Je reviens aussi avec au fond de l'âme une absence douloureuse, celle de Bernard, mon frère, mon blond petit garçon de l'école Communale d'à côté, d'où nous venaient des billets d'amour pliés en dix et qui quelque part, ici, dans l'air que l'on respire ici, fottent encore et toujours comme un ange que d'invisibles ailes tiennent à jamais dans ma peinture, dans cette exposition que je vous remercie de venir partager et que, afin de souder le passé à l'avenir, je lui dédie, à lui, à toi, mon frère, et à mon petit fils Arthur, qui vient de fêter sa toute première année de vie.

Ô peinture, reflets multicolores de tant d'enfances et d'amours cabossés, ô peinture, qui réussit quand même, à conduire vers l'allégresse!

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Classe de Madame Cavaillon

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           1960                                                              classe du certif

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Article de Jean-Pierre COUSIN pour LA MARSEILLAISE

Saint-Raphaël : Miguèle Clémessy

Des oeuvres et un retour aux sources

Miguèle Clémessy vit et travaille à Hyères depuis de très nombreuses années. Autant dire qu'elle est hyèroise. Et pourtant... C'est à Saint-Raphaël qu'elle a passé les premières années de sa vie. Miguèle est peintre, viscéralement. Jusqu'au 27 octobre, elle expose ses oeuvres au Centre Culturel de Saint-Raphaël.

Exposer dans ce lieu n'est pas anodin pour elle.  En effet, le Centre Culturel a été bâti sur l'emplacement de l'école communale où elle allait enfant. Cette école où est née son âme d'artiste. Elle se souvient des traces, des traces de marelles, des poudres de craie... des différentes matières qui l'entouraient : ciment, béton, et puis bien sûr aussi des platanes. Mais sur ce sujet, le mieux est de lui laisser la parole : "Pour fabriquer des tableaux, il fallait avoir quelque chose à y mettre dedans et il se trouvaient là des éléments qui s'offraient. ll y avait là quatre platanes, des cris d'enfants, il y avait le ciment de la cour dessiné de marelles et des murs par dessus lesquels s'échappaient mes pensées clandestines, jusqu'au delà dans le ciel où se profilaient déjà des signes qui marquaient à jamais mon coeur et constituaient en moi un alphabet pictural propre à mon futur travail. C'est de cet alphabet là que sans cesse je me sers encore, c'est à partir de lui que se compose ma peinture".

Partant de là, on ne peut avoir qu'un regard nouveau sur l'oeuvre de Miguèle Clémessy. Les grands tableaux à l'acrylique  sur carton bois prennent une dimention nouvelle. Que dire  aussi des innombrables sculptures en béton, maisons ou tours, si ce n'est qu'elles deviennent évidentes et qu'elles ne se contentent plus d'être esthétiques. De son propre aveu, le travail de Miguèle s'articule entre trois grands axes; la vie, l'amour et la mort, intrinsèquement liés. Cette constatation ne peut qu'ammener à parler de sa série de Cénotaphes réalisés avec du fil de fer, des draps déchirés, des bandelettes, de la paille. De ce travail magnifique, tout en finesse, Miguèle dit: "Le Cénotaphe, qui traite de la mort, évoque en même temps dans mon travail, la figure du berceau. C'est le silence qui fait le lien entre la mort et la vie." A propos de ce sience elle ajoute: "Les tableaux comme les sculptures, comme les textes écrits, concentrent du silence, un silence qui a un poids, presque un volume et qui ne se perçoit que dans le silence lui-même."

Il y a quelque temps, Miguèle Clémessy découvre l'outil informatique. Ce nouveau moyen de création ne l'effraye pas et elle se plonge dedans avec un plaisir non dissimulé. Elle donne également à voir ce travail. Pour le présenter, il faut savoir que l'artiste ne se déplace jamais sans sa fidèle petite chienne Zazou, un animal fort intelligent parlant un langage châtié et poursuivant des études de langue de chat à l'université de vieux lavoir de Hyères. C'est elle que Miguèle met en scène, dans une foultitude de petits tableaux où elle pare son animal de compagnie de robes délirantes issues d'un travail photographique et de bidouillages informatiques dont elle seule a le secret... Humoristique et artiste à la fois... Réjouissant!

On l'aura compris, Miguèle Clémessy exelle dans toutes les dissiplines où elle s'implique. L'exposition du Centre Culturel ne s'adresse pas seulement aux raphaëlois. Pour peu que l'on ait la fibre artistique, il ne faut pas hésiter à faire le déplacement. La qualité des oeuvres exposées sur une très grande surface, les mettant particulièrement en valeur, mérite de faire un petit déplacement.

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MIGUÈLE CLÉMESSY, PEINTRE.
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MIGUÈLE CLÉMESSY, PEINTRE.
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